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Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





samedi 3 janvier 2015

Marine 2015

© Marine nationale - MT Rapuzi. Le Chevalier Paul rencontre les icebergs (2010).


Tentative de bilan du modèle d'armée 2015 en sa partie navale, "Marine 2015". Cette maquette à atteindre est contenue, paraît-il, dans le rapport annexé à la loi de programmation militaire 1997-2002. Celle-ci est la traduction du livre blanc sur la défense de 1994 qui tire les enseignements de la fin du conflit Est-Ouest (1947 - 1991). La dissuasion nucléaire n'est plus l'alpha et l'oméga de la stratégie de défense nationale mais en demeure toujours la clefs de voûte. La démonstration des forces armées américaines en Irak (opérations bouclier et tempête du désert) se déroule avec pour spectateurs principaux les membres d'une coalition impressionnée. La montée en puissance des Nouvelles Technologies de l'Information et de Communication (NTIC) et leur traduction américaine dans la Révolution dans les Affaires Militaires (RMA) en est la cause.
Ainsi, le plan Armées 2000, édicté dans les dernières années de la Guerre froide, est mis en application en 1992 au regard de cette première transition stratégique. Tirant les enseignements de cette phase, il est assez rapidement remplacé par le modèle d'Armées 2015 qui est porté par la première loi de programmation militaire (1997-2002) traduisant le livre blanc de 1994.

Bien dommage que ce modèle d'armée ne soit pas disponible dans les ressources en ligne accessibles à tous. Indisponible dans les sites institutionnels. Puisque la loi de programmation militaire 1997-2002 n'est pas accessible, et que c'est elle qui porte le format des armées, nous allons devoir nous référer à un article de Marine (n°199, avril 2003), magazine de l'ACORAM, pour découvrir les objectifs de Marine 2015.

Modèle 2015
  • 4 SNLE-NG
  • 6 SNA Barracuda
  • 2 porte-avions (groupe aérien embarqué de 60 Rafale (25 Rafale M, 35 Rafale N, 3 E-2C)
  • 2 BPC + 2 TCD
  • 26 frégates
  • 22 navires de l'AEM (frégates de surveillance, BATRAL, etc...)
  • 16 bâtiment de guerre des mines (dont une unité logistique)
  • 6 bâtiments logistique

Dissuasion océanique

Reprenons notre point de départ : le remplacement de la première génération de SNLE, la classe Le Redoutable, par la seconde, la classe Le Triomphant, en 1997. Les arbitrages réduisent le format de la composante sous-marine de la dissuasion de 6 à 4 SNLE-NG. Toutefois, l'effort technologique est maintenu. La sous-marinade française effectue un saut technologique d'une génération à l'autre. A l'instar des plateformes, les vecteurs balistiques effectuent eux aussi un saut technologique. Et ce, bien que le M-51 soit une version amendée du M-5 avec quelques renoncements.

Ainsi, le renouvellement de la dissuasion océanique annonce la modernisation de la Marine tout entière. En 2015, il ne manque qu'un nouveau tir de M-51 pour effacer l'échec du précédent tir tenté depuis le Vigilant et la refonte IAM51 du Téméraire qui devrait s'achever en 2018.

L'ambition sous-marine ne diminue pas avec le changement de génération entre les SNA de classe Rubis et Suffren. Cas franco-indien, ce sont les SNLE qui servent de locomotive technologique à composante sous-marine des flottes des deux pays. Le SNA n'étant développé que postérieurement au navire de la dissuasion. Le programma Barracuda est, comme le répète ses promoteurs, un sous-marin dessiné aux justes besoins au regard des évolutions enregistrées, des RETEX tirés depuis les années 80.

Le tonnage double d'une génération à l'autre, ce n'est qu'une normalisation par rapport à une exception franco-française. Les Rubis sont les petits SNA du monde. Pour ce faire, le développement d'une coque adaptée était économisé. Celle des sous-marins classique classe Agosta était reprise. Et ce, au prix d'une innovation technologique risquée (sur le plan financier) puisque pour souscrire à cette taille minimaliste le générateur à vapeur a été intégrée dans le réacteur des SNA.

Notons qu'un SNA-NG déplacera 5300 tonnes en plongée. Masse assez faible en comparaison des 7400 tonnes d'un Astute, 7800 d'un Virgnia ou les 13 500 tonnes d'un Iassen !

D'autre part, les Barracuda reprennent en grande partie les avancées technologiques des Triomphant. Mais aussi, les capacités opérationnelles évoluent. Le catalyseur de ces évolutions résulte du mouvement des marines océaniques vers les littoraux pour gérer les crises internationales. Dans ce cadre, le rôle du sous-marin d'attaque est prééminent comme en témoignera la mission Harmattan (avec un grand éclairage public sur le rôle des SNA).

Seule ombre au tableau, l'entrée au service actif de la tête de série, le Suffren, est décalée de 2010 à 2017. L'ambition sous-marine française a ses limites et la classe Rubis devra tenir bien longtemps pour des navires dont la durée de service prévue était de 25 années, non pas près de 35.

Groupe aéronaval

Le remplacement des porte-avions Clemenceau et Foch est un processus symboliquement bien lourd et difficile à faire passer. A titre de comparaison, un SNLE coûte autant qu'un porte-avions, et nous possédons 4 de ces navires. Les deux porte-avions déplaçaient 33 000 à pleine charge pour 261 mètres de longueur. Visibilité qui est leur force en diplomatie navale, leur talon d'Achille en matière budgétaire.

A la toute fin des années 80, la décision est prise de remplacer les deux navires par deux PA75 à propulsion nucléaire : les R91 Charles de Gaulle (nom donné en 1987 par le Premier ministre Jacques Chirac) et R92 Richelieu (réattribution du deuxième nom du tête de série).

Depuis 1986, la seconde unité n'est pas commandée. Jacques Chirac, comme président de la République, relance l'effort en faveur de la défense nationale à partir de 2002, ce qui se traduire par la loi de programmation militaire 2003-2008. Une coopération est initiée avec l'Angleterre pour la conception et la construction commune de trois navires dès 2003. Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, tente sécuriser le programme en 2007 avec 700 millions d'euros engagés.

Le nouveau président, élu en 2007, Nicolas Sarkozy, suspend le projet en 2007 en attentant la parution d'un nouveau livre blanc (2008). Il réserve sa décision à 2011 et n'entreprend pas la construction du second porte-avions. Il n'est donc pas en cours d'admission au service actif cette année pour assurer la permanence aéronavale lors de la seconde IPER du Charles de Gaulle en 2016.

L'ironie veut que l'actuel gouvernement devra verser dès mars 2015 400 millions d'euros à la société Ecomouv et reprendre 400 millions d'euros de créances supplémentaires à rembourser sur dix ans. Le budget de ce navire n'est jamais très loin. Seule la décision manque, depuis 29 ans. Le débat porte progressivement sur le remplacement du porte-avions Charles de Gaulle et sur la permanence aéronavale.

Groupe amphibie

Le groupe amphibie profite d'une modernisation plus rapide que prévue. Bien que d'un volume et d'un tonnage comparable à un porte-avions, les Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) de classe Mistral ont été commandé dès la fin de l'année 2000. Les Mistral et Tonnerre sont admis respectivement au service actif en 2005 et 2007. Le livre blanc de 2008 insistait sur le renforcement des capacités amphibies. Décision était aussi prise d'acter le remplacement des TCD uniquement par des BPC là où Marine 2015 conserver le couple TCD/BPC, repoussant le remplacement des deux TCD, en milieu de vie à ce moment là. Les Mistral et Tonnerre ont pu prouver la pertinence de leur concept lors d'intervention israélienne au Liban en 2006, en Côte d'Ivoire en 2010 et pendant l'opération Harmattan en 2011.

La troisième unité, le Dixmude, est commandée dès 2009 dans le cadre du plan de relance  et admis au service actif en 2012. Ce troisième BPC, d'un coût aproximatif de 350 millions d'euros est aussi un morceau supplémentaire de PA2.

Le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013 acte la non-commande de la quatrième unité. La composante amphibie est réduite à trois navires. Les BPC offrent une plus grande disponibilité annuelle tout en exigeant moins d'hommes pour les armer et tout en étant économe à l'usage. Cependant, ils ne possèdent pas non plus d'équipages doublés, ce qui réduit l'avantage gagné en terme de disponibilité.

Le processus de décision étatique peut surprendre dans le cadre de ce renouvellement. Il était prévu initialement de commander 2 +2 unités sur près de 20 ans puisque les les TCD Foudre et Siroco devaient être remplacés en 2020 et 2022. D'un côté, il n'est pas proposé de construire un lot de 4 navires, voire de 5 en comptant le remplacement de la Jeanne d'Arc et tirer les économies d'échelle industrielles à leur paroxysme. De l'autre, en ne respectant pas ce décalage, qui aurait eu aussi ses avantages (l'intéressant couple TCD/BPC pour transporter un GTIA complet, achever la modernisation de la composante amphibie avec 15 ans de RETEX), l'Etat prive la Marine d'une somme d'environ de 350 millions d'euros qui aurait pu servir ailleurs. Aussi, l'impensée "gestion dynamique de la Flotte" par l'Etat ne tient pas compte du potentiel de revente des 4 anciens TCD, et surtout des deux plus récents.

Flotte de surface

Troisième tentative de la Marine nationale depuis 1945 de rationaliser sa flotte de surface par un unique programme de frégates. La première tentative est celle des frégates lance-engins et frégates anti-sous-marine (ASM) classe F67 dans les années 60. Vient la seconde tentative autour du type F70 classes Cassard (AA) et Georges Leygues (ASM). A chaque fois, la rationalisation de la Flotte autour d'un seul type d'escorteur doit permettre des économies d'échelles à tous les étages (soutien, formation, MCO, etc...) qui réduiront les dépenses à un cadre idéal. 

La troisième tentative se construit autour des programmes Horizon (4) et FREMM (17) qui s'ajoutent aux frégates La Fayette (5) afin d'atteindre l'objectif de 26 frégates défini par Marine 2015.

Horizon

Le programme Horizon est mené en premier lieu avec le Royaume-Uni et l'Italie, puis avec l'Italie seule. Si Londres se maintient dans le programme PAAMS qui est la raison d'être de ces frégates de défense aérienne, l'Angleterre abandonne la partie flotteur aux deux nations restantes. A la remarque près que les Type 45 partageront bien des choix avec les Horizon franco-italiennes.

Rétrospectivement, il apparaît que les trois nations ont mis beaucoup d'espoirs dans un programme de coopération sans les moyens adéquats. L'incapacité à produire les unités espérées est porté au crédit de la chimère de la coopération, comme si elle était la seule fautive.

Le développement du couple Horizon/PAAMS était le plus grand effort depuis la conception et la production du couple Arleigh Burke/AEGIS aux Etats-Unis en matière de défense aérienne de la Flotte. A priori, le défi technique a été hautement relevé aux dires des commentateurs.

Sur le plan économique, l'ambition opérationnelle combinée à une volontée politique de développement de programmes militaires communs a laissé croire à de drôles de chimères. Rome et Paris voulaient construire 4 unités quand Londres ambitionnait d'en construire 12. Les Horizon et les Daring peuvent apparaître comme des versions légèrement réduites par rapport aux destroyers Arleigh Burke, le nec plus ultra en matière d'escorteur océanique. Cette coopération semble avoir été perçu comme un paravent magique pour permettre de maintenir les commandes espérées et diminuner drastiquement les coûts. La réalité est dure, les économies réalisées n'ont été que de quelques millions d'euros. Ce qui est somme toute logique puisque là où les Arleigh Burke sont produits dans un chantier unique, les Horizon et Daring voient leur production partagée entre trois chantiers nationaux, sans vraiment de production industrielle commune (à la manière de la construction des Virginia entre deux chantiers américains).

En France, plus particulièrement, c'est le chemin inverse des BPC qui a été réalisé. A la manière de ce qui a pu se produire en 1964, la troisième Horizon est annulée, puis la quatrième. Officiellement, elles sont trop coûteuses pour que l'effort se prolonge jusqu'à la terminaison du programme. L'ambition politique se maintien et déplace l'effort du programme Horizon au programme FREMM, les deux FREDA sont sur les rails. Elles doivent entrer en service en 2019 et 2020. Officieusement, rien d'indique qu'elles coûteront moins à produire dans la mesure où les ambitions oscillent successivement d'une inscription au volet naval de la DAMB puis à l'actualisation technologique en matière de radar avec le Sea Fire 500 de Thales.

La modernisation de défense aérienne de la Flotte a donc été retardée d'au moins cinq années, les deux frégates F70 péniblement prolongées (reproduisant la situation des Suffren et Duquesne en leur temps), alors que cette composante est fondamentale dans n'importe quelle projection de la puissance aérienne française en opération extérieure. Caractère prioritaire que n'avait pas la composante amphibie qui bénéficiait de navires bien plus jeunes, d'une moyenne d'âge sous les quinze ans.

FREMM


Le programme FREMM ambitionnait remplacer les frégates ASM mais aussi 9 des 17 avisos A69 dans une version Action Vers la Terre (AVT).

Dans son appellation antérieure - FMM (Frégates Multi-Missions) -, l'état-major de la Marine tentait d'atteindre la cible définie par le modèle 2015 de 26 frégates.
Dans cette optique, le programme de référence est celui des frégates légères devenues frégates légères furtives et enfin Frégates La Fayette (FLF). Toutes les innovations, notamment industrielles, essayées dans ce programme permirent d'abaisser le temps de construction, d'optimiser l'outil de production navale et donc de serrer les coûts. Le recours à une automatisation accrue des FLF permettaient de les armer avec seulement 130 hommes d'équipage.

Aussi, ces navires étaient employés pour la gestion de crise nécessitant un minimum d'armement et l'éclairage de la Flotte. Ce qui limitait leur déplacement à 3600 tonnes en France. Par contre, les versions spécialisées voyaient leur tonnage augmenter. La sous-classe Kang Ding (vendue à Taiwan), à dominante ASM, déplace plus de 3800 tonnes à pleine charge. Les sous-classes  Al-Ryad (Arabie Saoudite) et Formidable (Singapour) déplacent respectivement 4650 tonnes et 3800 tonnes à pleine charge. S'inspirer du programme FLF pour concevoir des frégates spécialisées, avec la volonté de demeurer une marine à vocation mondiale, était admettre que le tonnage dépasserait 4000 tonnes.

Le CA Olivier Lajous qui a eu à définir la frégate F2 en 1997 (p. 10 dans Renaissance navale de Michel Perchoc) nous narre l'articulation entre les différents besoins :
  • quatre frégates F11 spécialisées dans la lutte anti-aérienne ;
  • huit frégates F12 spécialisées dans la lutte anti-sous-marine ;
  • quatorze frégates F2 spécialisées dans la gestion de crise.


Vraissemblablement, les frégates F1 et F2 correspondent à ce que nous entendions par frégates de premier et de second rang. Notons que le haut de la hiérarchie des escorteurs navals est tenu par la frégate de défense aérienne, marque du fait aérien dans la Marine.
Les synergies attendues dans le rapprochement des trois variantes proposées (partie flotteur, énergie/propulsion, équipements modulaires ou standardisés) invitent à fusionner le tout dans un seule programme : les FMM sont nées.

Les frégates F11 sont sorties du lot pour rejoindre le programme Horizon tripartite avec Rome et Londres. Ce qui, au passage, était une aubaine pour homogénéiser les frégates restantes puisque le programme Horizon a accouché de frégates de près de 7000 tonnes.

Les frégates F2 devaient manifestement achever la modernisation initiée par les frégates La Fayette (dont la cible initiale était de 12 unités (Les frégates furtives La Fayette de Michel Perchoc) en remplaçant les derniers avisos en service dans la Marine nationale. Ceux-ci participaient largement aux opérations de gestion de crise dans les années 70 et 80 (notamment les première et seconde guerre du Golfe).
Aussi, nous pouvons supposer que le format à 26 frégates invitait à envisager le complément des frégates La Fayette (classe limitée finalement à 6 navires) avant de les remplacer en fin de série (format à 26 frégates dont 5 FLF).

Le CV Denis Trioulaire du bureau programmes bâtiments de surface (dans Les Armées françaises à l'aube du XXIe siècle - Tome 1 La Marine nationale) explique les fondations financières de l'ambiteux programme FMM. "Le coût objectif du programme ne devra pas dépasser 5 Geuros [5 milliards d'euros]. La ressource financière annuelle moyene correspond à un rythme de production de 1,5 à 2 FMM par an."
A ce propos, il faut ajouter que le programme La Fayette, qui influence considérablement le suivant (FMM) avait vu la cadence de production débutait à 18 mois pour la première frégate (contre 30 pour les précédents programmes de navire de surface). Puis, cette cadence grimpait à 6 mois pour la construction du Courbet, troisième unité de la série.

L'Italie rejoint le programme de frégates multi-missions, ce qui lui donne son caractère européen. Aux 17 frégates françaises s'ajoutent 10 italiennes. Le symbole politique est trop fort pour assoir l'Agence Européenne de Défense et l'OCCAR. Le coût n'est pas indolore puisque la Cour des comptes n'a relevé que quelques millions d'euros d'économies dans le programme franco-italien. Rome a surtout réussi à faire passer son avantage en orientant l'achat de certains équipements produits en Italie (à l'exemple du choix des turbines à gaz LM2500+ G4 face aux MT30 de Rolls-Royce) quand la partie italienne faisait des choix d'armements différents pour ses navires. Le coût politique de cette coopération peut paraître très élevée.

La partie française du programme FREMM se construit sur une cadence de production d'une frégate tous les sept mois, ce qui est déjà une très légère régression par rapport à l'économie du programme FMM. 

L'inscription des FREDA dans ce programme n'augmente pas le nombre d'unités espérées de 17 à 19 mais le conforte à sa cible initiale. Observons le chassé-croisé des anciennes frégates F11 dans le programme FMM, dans Horizon et finalement retour pour les deux dernières dans FMM devenu FREMM.

A cette première alerte succède la révision des programmes d'armement de 2007, le livre blanc de 2008 et la loi de programmation militaire de 2009-2014. Les FREDA et la version ASM des FREMM sont confortées, la version AVT est abandonnée. Le nombre de frégates ASM est portée de 8 à 9. Cette réduction du programme de 17 à 11 unités coûte financièrement la somme de 2 frégates.

La cible, réduite, à 11 FREMM est toujours suspendue à une décision que le ministre de la Défense. En 2016, le choix pourrait porter sur une réduction supplémentaire de cible de 11 à 8 unités (hors FREDA). Les 3 dernières FREMM seraient sublimées en FTI (Frégate de Taille Intermédiaire) alors que les démarches à l'exportation de DCNS pour vendre sa FM 400 (des FLF mise à jour FREMM pour faire simple) montrent que le coût est pratiquement le même entre frégates légères et lourdes à équipements équivalens.

Pour compléter l'objectif du livre blanc de 2008 de maintenir 15 frégates de premier rang, la Marine mise sur les deux Horizon, les 11 FREMM et deux frégates LaFayette modernisées ASM.

Marine garde-côtière

C'est là que l'effort a le moins porté. Marine 2015 espérait atteindre 22 navires. En 2015, si ces calculs sont à jour des navires retirés du service, la France opère :
  • 6 frégates de surveillance,
  • 9 avisos A69,
  • 11 patrouilleurs (Adroit, Le Malin, Arago, 4 P400, 3 PSP et le Fulmar).
L'objectif du modèle 2015 semble atteint et dépassé (26 unités contre 22 espérées) en prenant en compte un certain périmètre qui n'était peut être pas celui initialement envisagé.

  • 7 patrouilleurs quitteront le service (l'Albatross l'ayant quitté dès 2015) ;
  • d'ici à 2025, c'est le reliquat des avisos A69 qui aura quitter le service très certainement, soit 6 navires en moins ;
  • Le Malin, l'Arago, les 3 PSP et le Fulmar auront largement atteint les 30 années de service d'ici 2025, soit 5 navires en moins.

L'Horizon Marine 2025 peut tabler sur 26 patrouilleurs de 2015 moins 18 unités, c'est-à-dire 8 navires de l'Action de l'Etat en Mer. En l'état, rien ne laisse suppose que l'Adroit reste dans l'inventaire de la Flotte : 7 unités.

Ils seront renforcés par :
  • 3 B2M (Bâtiments Multi-missions) qui predront la relève en version dégradée des BATRAL (qui étaient comptabilisés dans Marine 2015 à cette section), le programme BIS étant reporté ;
  • 2 PLG (Patrouilleurs Léger Guyanais) doivent eux aussi rejoindre la Flotte ;
  • Le programme BSAH (Bâtiment de Sauvetage et d'Assistance Hauturier) ne rentre pas dans la catégorie des patrouilleurs (en ce qui concerne les 4 unités militaires sur les 8 du programme (4 autres étant affrêtées par la Marine et armées par des civils). Mais nécessité risque de faire loi.

En 2025, le nombre de patrouilleurs remontera à 12, peut être 16 navires avec les 4 BSAH et même 19 en supposant que 3 frégates La Fayette (non-modernisées ASM) puissent être intégrées à ces missions si jamaies elles ne sont pas proposées à la vente pour une marine étrangère.

Le gros de la remontée en puissance ne débutera qu'avec les programmes BATSIMAR (12 à 16 unités) et FTI (5 à 11 unités) qui devraient débuter à partir de 2024.

L'atteindre de l'objectif de Marine 2015 puis son effondrement à l'orée de Marine 2025 ne fait que souligner le peu d'empressement des gouvernements successifs à prendre en compte les enjeux de la maritimisation et du basculement océanique mondial. Fait assez ancien puisque l'avènement des frégates de surveillance se tenait dans débats aux termes identiques au tout début des années 1990.

Logistique navale

Le bâtiment-atelier Jules Verne a été retiré du service, tout comme le Loire et le nombre de pétrolier ravitailleur réduit de 5 à 3 unités du fait de l'âge et des économies budgétaires. Le programme FLOTLOG est repoussé à la loi de programmation militaire 2020-2025. La seconde IPER du Charles de Gaulle, refonte à mi-vie, permet de réduire les besoins logistiques de la Marine pour deux années sur cinq de cette LPM et ainsi auguré de pouvoir tenir avec seulement trois navires.

Guerre des mines

Le nombre de bâtiment anti-mines ne sera pas de 16 unités mais bien de dix unités en 2015. Aucune unité logistique affectée à la projection lointaine des CMT n'a pu être préservée. Des essais d'accompagnement par BPC ont pu être menées cependant pour gérer cette perte de capacités. A l'horizon 2020, le programme de remplacement SLAMF laisse augurer un bâtiment porteur hauturier, une capacité de projection intrinsèque.


Marine 2015La Marine nationale en 2015
  • 4 SNLE-NG
  • 6 SNA Barracuda
  • 2 porte-avions (groupe aérien embarqué de 60 Rafale (25 Rafale M, 35 Rafale N, 3 E-2C)
  • 2 BPC + 2 TCD
  • 26 frégates 
  • 22 navires de l'AEM (frégates de surveillance, BATRAL, etc...)
  • 16 bâtiment de guerre des mines (dont une unité logistique)
  • 6 bâtiments logistique
  • 4 SNLE-NG
  • 6 SNA Rubis
  • 1 porte-avions (groupe aérien embarqué de 37 Rafale, 3 E-2C Hawkeye)
  • 3 BPC
  • 2 frégates Horizon + 2 frégates F70 classe Cassard
  • 5 frégates F70 classe Georges Leygues, 2 FREMM en attente d'admission au service actif
  • 5 frégates La Fayette
  • 26 navires de l'AEM
  • 10 bâtiments de guerre des mines (accompagnement par BPC)
  • 3 bâtiments logistique


Ce qui peut illustrer le mieux ce décalage entre les amibions et la réalisation (qui est loin d'être catastrophique, elle souffre des éternelles lacunes héritées des compromis) est cette analyse faite par le Sénat à l'occasion de la loi de programmation militaire 2009-2014 :
  • il manquerait 20 milliards d'euros pour atteindre le modèle d'armée 2015 tel que défini en 1997 ;
  • il manquerait 35 milliards d'euros pour atteindre le modèle par rapport à ce qu'il a été défini en 2003.
Comme le relève le Sénat, le livre blanc de 1994 établissait la formule magique pour le second porte-avions qui se réalisera si les conditions économiques et financières le permettent. Les FREMM ont souffert d'une estimation initiale "un peu trop basse" (5,4 milliards d'euros en 2003 pour 17 frégates (dixit... le Sénat) contre plus de 7 milliards d'euros en 2010 pour 11 frégates). Plutôt, faudrait-il remarquer que l'estimation initiale était peut être la bonne dans la mesure où l'économie du programme a été bouleversé profondément et que 2016 pourrait voir venir le coup final, si ce n'est fatal.

Aussi, les sénateurs semblent inclure les SNA Barracuda comme un supplément de cette loi de programmation de 2003 par rapport à celle initiée en 1997. Est-ce une si grande surprise qu'il faille trouver des successeurs aux Rubis ?

Allons savoir laquelle des deux LPM (1997 et 2003) a été la plus mal construire, la plus mal exécutée. Pour certaines capacités - et à tout hasard, pensons au PA2 - les retards dans le renouvellement des moyens peut être daté de la loi de programmation militaire encore antérieure à celle de 1997. Les frégates Floréal n'étaient pas vraiment budgétarisées (quelle serait notre situation aujourd'hui sans elles ?). Le PA2 regarde passer certaines affaires financières. N'évoquons même pas l'état de la Marine nationale si dans les années 60/70 ou dans les années 80 elle aurait pu se lancer dans un unique programme de frégates.

C'est cela la bosse budgétaire, des projets en retard de 5, 10 ou 30 ans. Des besoins réels qui ne sont pas inventés par des industriels machiavéliques ou des politiques en mal de reconnaissance électorale.

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