Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





jeudi 31 mai 2012

Les armements PA 1 et PA 2

© Inconnu. R98 Clemenceau et R99 Foch.

C'est grâce à l'ouvrage de Jean Moulin, Clemenceau et Foch (Marines Editions), qu'il est possible d'avoir une description précise de la gestion des deux équipages des deux anciens ponts plats (aux pages 210 et 217). Une instruction du 11 octobre 1973 officialise les rotations des équipages à bord des porte-avions. C'est l'instruction du 2 janvier 1974 qui précise ces cycles.

jeudi 24 mai 2012

La nouvelle phalange macédonienne ?

© Star Wars Republic Commando. Soldats ARC (Advanced Recon Commando).

L’arrivée du système FELIN (Fantassin à Equipements et Liaisons INtégrées) a pu laisser certains évoquer l’expression d’ « hoplite numérique« . Alors que le système est actuellement essayé en Afghanistan, et qu’il le sera certainement sous d’autres cieux, d’autres innovations permettent d’envisager des évolutions encore plus radicales. Si l’introduction de ce système peut être comparé à l’apparition de la radio dans Cavalerie blindée, il faudrait peut être voir encore plus loin, et imaginer une recréation de la phalange macédonnienne…

mercredi 23 mai 2012

La Galéasse, une hybridation pour la Méditerranée

© Inconnu.

Sur le plan militaire, la Galéasse apparaît au XVIe siècle selon Philippe Masson -"De la Mer et de sa Stratégie". Ce navire hybride est la dernière évolution d'un navire plus que millénaire : la galère. Cette tentative de conjuguer les avantages de la galère et des précurseurs du vaisseau fera merveille dans premier temps, en Méditerranée.

mardi 22 mai 2012

La Galère, le navire des mers étroites et fermées

© Wikipédia. Une galère par Pierre Puget, vers 1655.

Depuis l'Antiquité jusqu'au début du XIXe siècle, les galères furent utilisées par bien des marines. L'historien Philippe Masson n'hésite pas à écrire que ce fut un "règne interminable". Dans l'un de ses ouvrages, "De la Mer et de sa Stratégie" (aux éditions Tallandier), il décrit la place des galères dans l'Histoire et les marines, pourquoi elles perdurèrent, pourquoi elles disparurent.

samedi 19 mai 2012

Création d’une « French NSA » : vers un grand commandement français dans le cyberespace ?

© Inconnu. Siège de la National Security Agency.

C’est à partir de la lecture d’un article de Jean Guisnel1 que l’on découvre l’une des préoccupations de la Direction Générale à la Sécurité Extérieure (DGSE) : « la volonté prêtée au chef du service technique de la DGSE, Bernard Barbier, de créer un nouveau service de renseignements exclusivement technique, sur le modèle du GCHQ [Government Communications HeadQuarters] britannique ou de la NSA [National Security Agency] américaine. Cette structure interministérielle verrait rassembler dans une seule entité toutes les capacités techniques dont disposent la DGSE [Direction Générale à la Sécurité Extérieure] et la DRM [Direction du Renseignement Militaire]. Priver la DGSE de son service action et de ses capacités techniques reviendrait à réduire le service de renseignements extérieurs de capacités essentielles. Affaire à suivre ».

L’affaire, cette création d’une sorte de « French NSA« , n’est pas anodine, et le processus pourrait abriter une logique qui dépasse les simples recompositions administratives. Est-il vraiment question de la seule création d’une agence technicienne ?

Ce serait, premièrement, une structure qui aurait vocation à rayonner sur le renseignement d’origine électromagnétique (ROEM) et électronique (ELINT) puisqu’elle hériterait autant des moyens de la DGSE que de ceux de la DRM. Au demeurant, et comme le fait remarquer l’allié Abou Djaffar alias Jacques Raillane, rien n’est dit sur un quelconque recoupement avec les moyens de la DCRI qui sont plus modestes, plus concentrés, et utilisés de manière plus pragmatique. Ceux-ci seraient-ils concernés par le projet de monsieur Barbier ? Quoi qu’il en soit, le cadre d’action de cette hypothétique création requerrait les moyens d’action des Armées. Les hypothétiques drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) devant prendre la suite des Harfang (du régiment 1/33 Belfort), les Heron TP, pourraient recevoir de telles charges dédiées à ces missions.

Deuxièmement, il s’agit désormais aussi de pouvoir « manœuvrer » dans le cyberespace pour dénicher ce genre de renseignements. Il y aussi bien la résurgence des unités de cryptographes du tout début du XXe siècle sous la forme des hackers, que la potentielle utilisation de moyens plus ou moins clandestins pour infiltrer les réseaux : sous-marins nucléaires d’attaque espionnant les câbles sous-marins2, drones « hacker » utilisés par des cellules clandestines pour s’approcher de certaines infrastructures3… etc. Au passage, il convient de relever que les querelles de chapelle entre le ministère de la Défense et le Quai d’Orsay n’ont certainement pas profité à la France : chacun des deux départements ministériels dispose de « son » bureau cryptographie / cryptologie à « son » service.

Deux autres alliés (Clarisse et Si Vis Pacem)4 décrivent dans un article que la France dispose d’ores et déjà de structures ayant capacité d’œuvrer dans le cyberespace : « Enfin, la troisième raison est que la France aurait tout à gagner à rechercher l’optimisation du rapport puissance/efficacité au travers d’une certaine forme d’agilité (technique, organisationnelle), organisée autour d’une structure déjà établie¹ (“au hasard” l’ANSSI) disposant des compétences, de l’expérience et d’un Centre Opérationnel (le COSSI). Par la suite et en fonction des évolutions économiques, possiblement positives à moyen terme, les forces armées pourraient être dotées de leur propre agence, qui entretiendrait une relation riche et privilégiée avec l’ANSSI, puisqu’il s’agirait d’un essaimage partageant un génome commun.

On pourrait développer et poursuivre au-delà de la problématique nationale : il n’est pas interdit de penser “interopérabilité”, “transversalité” ou “coopération européenne renforcée”, qui ne sont pas des gros mots ! La coopération européenne renforcée étant d’ailleurs une proposition déjà évoquée par Si vis pacem ».

Il convient de relever que, à l’heure où il est envisagé par quelques uns de rapprocher les structures de renseignement électronique et électromagnétiques des Armées et du Renseignement, c’est un mouvement qui ne s’étend pas partout. Si dans ce domaine les moyens sont rapprochés, alors pourquoi les départements ministériels ne partent-ils pas grouper pour affronter le cyberespace ? L’éventuelle création d’une « French NSA » ne serait-elle pas de nature à accélérer ce mouvement ? Quid de l’épaisseur de la frontière entre la NSA et les structures du Cyber Command américain ?

Pour poursuivre, et en revenir à la question du renseignement, il faut imaginer que le projet de Bernard Barbier est en gestation -ce n’est qu’une hypothèse d’études. A ce moment là, la question qui pourrait se poser est à propos de la structuration de cet ensemble : est-ce que le renseignement doit-être combiné aux structures d’action ? Ces deux fonctions doivent-elles être séparées ou réunies ? C’est une question qui s’est posée lors de la création des structures de renseignement de la France Libre. Finalement, c’est en raison des nécessités politiques de l’époque -il fallait montrer que les Forces Françaises Libres participaient aux combats des Alliés et étaient l’intermédiaire indispensable avec la France occupée que le BCRA (Bureau Central de Renseignement et d’Action) fut créé.

En outre, et pour en revenir à l’autre branche du débat porté par ce billet,  une autre question est de savoir s’il faut séparer ou réunir les entités de renseignement dans le cyberespace et celles qui ont vocation à préserver les structures militaires, civiles et privées d’attaques venant de ce milieu (comme l’ANSSI5) ? De façon plus claire, il s’agit de savoir si le processus qui pourrait être potentiellement engagé si l’intention prêtée à Bernard Barbier pouvait aboutir, et en portant la manœuvre à son paroxysme, aboutirait à une grande agence de renseignement à qui serait subordonnés des moyens d’actions et qui protégeraient les structures critiques de « l’ingérence électronique » ?

Cela revient à poser la question de la compatibilité entre agence de renseignement intérieur et de contre-ingérence. Problématique assez bien illustrée par la DCRI qui possède ces deux missions.

In fine, cette création permettrait aussi de répondre aux États-Unis. Ceux-ci sont très actifs dans le cyberespace, aussi bien pour se donner les moyens de se défendre, que de répliquer.

Dernièrement, l’allié CIDRIS6 relevait que le Cyber Command pourrait changer de statut. Non pas que les États-Unis désirent un changement cosmétique. Bien au contraire, il est question de porter ce commandement au rang d’Unified Combattant Command (UCC) à vocation fonctionnelle (et mondiale). C’est-à-dire que si le changement est accepté, alors ce commandement aura la même importance, le même rang, que les trois autres UCC :
  • Special Operations Command
  • Strategic Command
  • Transportation Command.
« Cette évolution devrait être proposée par l’actuel président du Joint Chieff of Staffs au Secrétaire à la Défense puis au Président américain. Il semble y avoir un consensus sur le sujet bien que l’agenda demeure inconnu, en particulier en période d’élection ».

La France conserve des ambitions à l’échelon mondial. Donc, entre l’éventuelle création d’une « French NSA » et ce que les américains s’apprêtent à réaliser, il y a un monde. Après tout, la création du Commandement des Opérations Spéciales (COS) n’était qu’une tentative de rattrapage par rapport aux structures américaines qui ont fait leurs preuves pendant la guerre du Golfe de 1991. La création d’une sorte de NSA en France pourrait s’apparenter à la création du COS.

Mais ne devrions-nous pas prendre le train en mouvement afin de préparer nos infrastructures à se protéger, et à préparer nos unités à rendre coup pour coup dans le cyberespace ? Ne devrions-nous pas créer une grande structure coiffant le renseignement et les moyens d’actions ? Une sorte de UCC Cyber Command à la française ?

Dernière question : qui aux commandes d’une telle structure ? Militaires ? Civiles ? Les deux alliés cités au début de ce billet y ont réfléchi : « La quatrième raison nous paraît relever d’un aspect méthodologique en ouvrant la réflexion au-delà des seuls militaires, qui sont interdépendants et interconnectés avec les infrastructures civiles. L’inverse pourrait facilement passer pour une vision passéiste et qui ne correspond plus aux réalités politiques et stratégiques de toute nation moderne et adaptée au 21ème siècle : elle dispose d’un ensemble d’outils, de moyens et de personnes qui constituent un seul et même levier, celui de la défense et de la sécurité de l’État ».

Plus loin, ils ajoutent que : « Cette incorporation du civil nous parait être une nécessité : l’imbrication des composantes/compétences et des pratiques militaires et civiles est en effet à l’image de l’imbrication constatée des cybermenaces et de la cybercriminalité, à l’image de celle du milieu, un espace-temps des réversibilités/asymétries mirorables, se reflétant à l’infini. Ce qui laisse supposer qu’une attaque peut être renversée en contre-attaque, et inversement. Chaque combattant/échelon du commandement doit donc être capable d’une adaptation quasi-instantanée, autant mentale qu’opérationnelle, entre le défensif et l’offensif. D’où des glissements et des chevauchement possibles de compétences et de hiérarchie qu’il faudra savoir traduire en basculement idoines lors d’opérations ».

Il serait presque nécessaire de réunir un tel aréopage de penseurs, venant de tous les horizons du cyberespace. Il y a eu la création de l’académie du renseignement (16 juillet 2010) pour diffuser une telle culture aux acteurs concernés par les différents aspects du renseignement. Tout comme il y a eu la création du poste de coordinateur du renseignement (2008). Deux créations qui soulignent que le sujet dépasse ses seuls praticiens, et englobe bien des personnes : militaires, civils, et acteurs économiques, pour ne citer qu’eux. L’autre création montre et démontre qu’il faut coordonner des structures différentes car les besoins sont différents.

Ce sont des choses qui devraient inspirer vis à vis du cyberespace où il faudra également diffuser une « culture du cyberespace » qui est un milieu de risques pour les militaires, par exemple, et bien entendu, coordonner les différentes administrations et structures qui existent actuellement.

Les archontes pourraient au moins se réunir pour penser les meilleures solutions pour structurer administrativement les actions de la France pour le cyberespace et le renseignement SIGINT. Concernant cette dernière catégorie de renseignements, « un regroupement des moyens SIGINT pourrait la [DGSE] desservir » dixit Jacques Raillane. C’est effectivement l’exemple précis des risques engendrés par une recomposition des structures françaises des moyens SIGINT et de lutte dans le cyberespace. En effet, chaque structure à sa raison d’être, et les moyens de la DCRI ne sont pas calibrés pour chercher les mêmes informations que celles recherchées par la DGSE ou la DRM.

Raillane conclut pragmatiquement que : « la logique bureaucratique ne consiste pas à être plus efficace pour le bien de l’État, elle consiste à être plus puissant que la concurrence ».

Néanmoins, il pourrait être profitable à tous que le milieu cyberespace puisse être appréhendé de manière transversale et que tous pointent dans la même direction. Dans cette optique, il y a le formidable exemple de l’Action de l’État en Mer. Elle permet d’avoir un interlocuteur unique pour agir en mer (hors actions purement militaires, et à noter quelques spécificités dans les Antilles et dans l’Océan Indien) : les préfets maritimes. En outre, cette action permet d’agglomérer de très nombreuses administrations, tant civiles ou militaires : ainsi, au cours de l’opération Tassergal (fin 2007)7, six administrations  sont intervenues !
La création de la « fonction garde-côtes » fait évoluer le dispositif administratif sur deux points particuliers : le premier c’est la capacité à livrer un bulletin complet de la situation maritime au jour le jour, et le second, c’est le comité directeur de la fonction qui devra coordonner la mise en œuvre des moyens matériels des différentes administrations affectés à ces missions. A fortiori, c’est une structure qui pourrait beaucoup influencer, et qui à maintes reprises à prouver son efficacité opérationnelle.

« On pourrait développer et poursuivre au-delà de la problématique nationale : il n’est pas interdit de penser “interopérabilité”, “transversalité” ou “coopération européenne renforcée”, qui ne sont pas des gros mots ! La coopération européenne renforcée étant d’ailleurs une proposition déjà évoquée par Si vis pacem.

Cette opinion dépassionnée, plutôt émise par pragmatisme que par doxa inamovible, a l’avantage d’offrir un cadre communautaire européen. Ce cadre offre sans doute la voie médiane entre un cavalier seul, bien peu à propos à notre époque, et un certain renoncement atlantiste (participation/délégation à l’OTAN) » dixit Clarisse et Si Vis Pacem.

A l’aune des structures américaines qui influencent peu ou prou les structures françaises, et en considérant tout les risques engendrés par d’éventuelles recompositions, la question n’en demeure pas moins : faudrait-il regrouper et/ou coordonner les structures de renseignement SIGINT, ROEM et de lutte dans le cyberespace ? Le concept américain d’UCC Cyber Command doit-il être adapté aux spécificités et besoins français ? L’action de l’État en Mer peut-elle être un exemple ? Il y aurait une intéressant construction à faire pour englober les capacités françaises, développer des capacités techniques et opérationnelles avec les européens et l’OTAN, tout en préservant autonomie et indépendance, sans oublier l’interaction avec les civils.

Il y a déjà eu au moins deux grandes aventures similaires où toutes ces variables ont été plus ou moins intégrées afin que la France conserve son rang en participant aux nouveaux enjeux mondiaux : le nucléaire et l’espace.

Annexes :

2 « La Guerre Froide sous-marine« , documentaire réalisé par Dirk Pohlmann et diffusé sur la chaîne Arte.
3 « Infiltration et drones« , le marquis de Seignelay, le Fauteuil de Colbert, 17 janvier 2012.
6 « Changement de statut pour le Cyber Command ?« , CIDRIS, Alliance Géostratégique, 15 mai 2012.
7 « Une Action de l’Etat en Mer exemplaire – L’opération Tassergal« , Jean-Pierre Laflaquière, Préfet de la région Guyane, délégué du gouvernement pour l’Action de l’Etat en Mer, la Revue maritime n°481, page 15, mars 2008.

Création d’une « French NSA » : vers un grand commandement français dans le cyberespace ?

© Inconnu. Siège de la National Security Agency.
L’affaire, cette création d’une sorte de « French NSA« , n’est pas anodine, et le processus pourrait abriter une logique qui dépasse les simples recompositions administratives. Est-il vraiment question de la seule création d’une agence technicienne ? 

vendredi 18 mai 2012

Le gouvernement anglais a-t-il sciemment torpillé la refonte CATOBAR des Queen Elizabeth ?

© Mer et Marine. La dernière mouture du PA2 : "Juliette 2".

 L'article d'hier -"Abandon des EMALS à bord des CVF : un manque de puissance électrique ?"- se concluait sur un constat inattendu, et relevé seulement par Kouak : l'absence de production de vapeur à bord d'un éventuel CVF ou CVF-FR CATOBAR mettant en oeuvre des catapultes à vapeur. Un autre lecteur, Gilles, pointe du doigt les ambigüités gouvernementales anglaises à propos de la refonte CATOBAR avec EMALS (ElectroMagnetic Aicraft Launch System) : l'argument du manque de puissance électrique, développé dans le billet d'hier, ne résisterait pas au doute suscité par de nouvelles questions, et de nouveaux éléments.

mercredi 16 mai 2012

Abandon des EMALS à bord des CVF : un manque de puissance électrique ?

© Incoming.

 Ainsi donc, l'actuel gouvernement anglais a choisi de faire le chemin inverse de celui qui avait conduit le précédent aux décisions de la Strategic Defense Review de 2010. Au grand dam d'une partie de l'opinion navale anglaise, ce ne sera plus le F-35C qui appontera sur le Prince of Wales, mais les F-35B qui pourraient apponter sur les deux navires. La décision anglaise est d'une logique difficilement contestable en l'état actuel des informations.

mardi 15 mai 2012

Entretien avec Xander - L'esthétique du vaisseau de 74 canons

© Xander.






Bonjour Alexandre de Oliveira. Vous tenez le blog Xander -nom qui vous sert également de pseudonyme. Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions à propos de votre travail et d'un certain attrait pour la Mer et ses navires.


© Xander.





dimanche 13 mai 2012

L'Espace, ce nouveal Océan : milieu où la France doit garder son rang ?



A la suite d'un billet de Terre à la Lune -Contre l'exploration spatiale (sic) : six raisons pour lesquelles l'homme ne doit pas quitter le berceau terrien (Partie 1)-, il est peut être temps de poser quelques éléments d'un débat qui risque de prendre de l'ampleur. Ces derniers temps -et l'expression est volontairement très vague- il a été question d'exploiter l'Espace.

Le constat est que des matières essentielles au développement industriel de nos sociétés pourraient venir à se tarir sur notre actuelle planète. En outre, certaines de ses ressources les plus précieuses sont sous le joug heureux de quelques puissances. Ayez une pensée pour la question des "terres rares" : la Chine est dans une belle position, et n'aura pas besoin de forcer son talent pour en profiter.

Mais dans l'Espace, il y aurait des astéroïdes d'une densité exceptionnelle en ressources précieuses à nos sociétés industrielles.

Il y a dès lors un choix qui s'offre aux Cités :
  • ou bien, nous prenons le risque de nous contenter de nos ressources terrestres, et cela suppose une gestion durable des matières (le recyclage). Mais est-ce que cela nous dispenserait d'aller exploiter les nodules polymétalliques qui jonchent le fonds de nos océans ? Le risque, c'est de détruire les écosystèmes sous-marins, et par là, d'atteindre très gravement les écosystèmes terrestres qui dépendent, notamment, de la production d'oxygène des océans (terriblement supérieure à tout ce que peuvent faire les forêts) ;
  • ou bien, de prendre le pari d'aller exploiter l'Espace.
La seconde solution offre la possibilité d'épargner les équilibres terrestres, et donc de préserver la "base de départ". En outre, et si jamais cet ambitieux projet était viable, alors le rapport de forces s'inverserait : il n'y aurait plus une ou des puissances jouissant de quelques prérogatives sur quelques ressources précieuses, primordiales, mais des puissances ayant les capacités de s'affranchir des pesanteurs terrestres.

Il y a bien des parallèles à faire avec le choix cité plus haut, et l'histoire maritime. L'aventure de la Mer n'est-elle pas l'aventure de la Liberté ? C'est-à-dire la liberté de choisir ses partenaires commerciaux pour écouler ses productions et ressources, et de continuer son développement grâce au libre et indépendant choix de s'approvisionner partout dans le monde.

L'exploitation spatiale répondrait à cet objectif de cette stratégie maritime fondée sur la Liberté. Il serait question de trouver dans l'Espace une certaine indépendance, pour ne pas dire une autonomie politique où les autres Etats auraient pas ou très peu de prise.

La stratégie spatiale, partiellement fondée sur la stratégie maritime, consisterait à se ménager une voie d'accès à l'Espace afin de profiter de ses richesses. Inévitablement, d'autres puissances seront sur les rangs pour gagner ses marges de manoeuvres économiques et politiques offertes par les ressources résidant dans l'Espace.

Il y aura donc une guerre des communications puisque, fatalement, toutes les positions ne se valent pas dans l'Espace. Certaines routes, certaines caractéristiques du milieu spatial seront stratégiques (comme les points de La Grange). Ces caractéristiques du milieu s'apparenteront à nos actuels détroits marins, nos "chokes points". Forcément, il y aura lutte pour leur contrôle, le monopole ou leur libre usage. Il faut se replonger dans les aventures coloniales, et notamment dans l'histoire de la Royal Navy qui s'est construite contre le monopole espagnol sur l'exploitation économique de ses possessions sud-américaines. Un idéal de Liberté a conduit les corsaires anglais, puis une marine tout entière pendant des siècles.

Dès lors, il y aura ceux qui auront intérêt à une libre utilisation, et ceux au monopole. Il y aura même ceux qui ont intérêt à une libre circulation définie par leurs critères. La puissance maritime ou spatiale dominante ne peut se faire interdire l'accès à son milieu d'évolutions, et au contraire, elle tend à étendre au maximum l'espace de liberté.

C'es tout le paradoxe des Etats-Unis qui, pour préserver l'exploitation des fonds marins, ont vu le président Truman faire une déclaration très prématurée en 1945. Elle devait permettre de préserver les prérogatives entreprisses américaines sur les ressources du plateau continental nord-américain (en nodules polymétalliques). Cette déclaration a eu comme répercussion dans la guerre de l'anchois de voir les Etats sud-américains établir une zone de pêche exclusive jusque 200 miles de leurs côtes. Pourquoi cette distance ? Car les poissons passaient jusqu'à cette distance, et au-delà, il n'y a pas plus rien à prendre. C'est ce qu'expliquaient le professeur Hervé Coutau-Bégarie au Café stratégique numéro 3 (8 décembre 2009 - 19 minutes et 30 secondes dans l'enregistrement audio). C'est-à-dire que la puissance maritime dominante a, malgré elle et ses intérêts, donné des arguments aux Etats côtiers, non-hauturiers, pour construire un monopole juridique sur l'exploitaiton de ressources marines. Les conflits pétroliers dans l'Amérique du Sud actuelle ne sont que le fruit du triomphe de cette conception née de la guerre de l'anchois. C'est ce genre de pesanteurs terrestres avec lesquelles il faut composer, et contre lesquelles l'Espace offre des alternatives "libres".

Les " global commons" ne sont qu'un concept des espaces communs (aériens, marins, spatiaux et cybernétiques) que seules des puissances maritimes ont pu imaginer. Plus les espaces communs sont grands, plus il y a d'espace de manoeuvre et de moyens de communiquer.

In fine, le Sea Basing n'était ou n'est qu'un concept servant à projeter le flux de ses forces dans un espace libre d'utilisation afin de s'affranchir des contraintes imposées par les autres Etats sur les terres émergées. L'exploitation de l'Espace pourrait être une réponse aux Etats territorialisant leurs eaux côtières à des fins d'exploitation économique exclusive. Ce serait encore une opposition renouvelée entre les "terriens" et les "marins".

La conquête spatiale sera probablement une guerre des communications.

Premièrement, il y a ceux qui peuvent ou pourront construire les outils nécessaires pour accéder à l'Espace, au sens où il est possible de s'y rendre et d'en ramener quelque chose de manière profitable pour les finances privées et publics. A la différence de la Mer, on ne transporte pas de grandes quantités de marchandises à moindre frais vers et en retour de l'Espace. Le fret spatial aura ceci de commun avec le fret aérien qu'il ne sera que sur les marchandises à la plus forte valeur ajoutée. Il y d'ores et déjà des nations qui ne peuvent pas accéder à l'Espace : elles sont enclavées, comme les territoires uniquement terrestres, sans accéder à la mer.

Deuxièmement, il s'agira de se doter des moyens pour défendre son accès à l'Espace et de participer à la course aux caractéristiques du milieu qui sont les plus intéressants. En effet, des stratégies de déni d'accès à l'Espace seraient dès aujourd'hui observables. Avant même d'évoquer une quelconque conquête des richesses spatiales, il faut bien considérer que celui qui domine l'espace où les satellites gravient possède un avantage stratégique primordial sur ses adversaires.

C'est tout simplement dire qu'il existe potentiellement le risque de revivre une seconde guerre de Sept ans et ses conséquences funestes : le traité de Paris de 1763. Cette année là, la France perdait le Canada et l'Inde. La face du Monde aurait été assez différente de celle que l'on a sous nos yeux aujourd'hui.

La France a perdu ces territoires car la Marine Royale a périclité sous Louis XV en raison non pas de coupes budgétaires, mais d'un repli budgétaire mal-exécuté : l'on peut réduire la taille de sa Flotte, mais il faut surtout en protéger les fondamentaux qui en assurent l'efficacité (formation, entraînements, capacités industrielles et scientifiques, recrutement constant, etc...). Hors, il y a manifestement eu un repli budgétaire qui s'est transformé en désastre naval car le repli est l'opération la plus difficile à effectuer à terre. Même pour les marines.

L'une des questions qui se posent à propos de la conquête spatiale est de savoir si elle est analogue aux conquêtes maritimes du temps passé ? Une autre est de déterminer si les actuelles activités maritimes sont une voie provisoire avant d'aller vers le nouvel Océan ?

Si nous étions irrémédiablement attiré par l'Espace, alors, il faut garder en mémoires nos erreurs passées, et se souvenir de la parole de Richelieu qui a toujours valu d'avertissement pour l'avenir :

« Les larmes de nos souverains ont le goût salé de la mer qu'ils ont ignorée ».

vendredi 4 mai 2012

Sea Basing : Le couple BPC/Cougar HORIZON ou Sea King ASaC contre la piraterie au large de la Somalie ?


 
Dans le billet d'hier, il était question de remettre en service les Cougar du système HORIZON pour oeuvrer dans la bande littorale. Les différentes hypothèses d'utilisation opérationnelle envisagées appelaient à une grande refonte de ce système d'armes de l'ALAT. Aujourd'hui, c'est une hypothèse beaucoup plus modeste dont il s'agit : et si le couple BPC/hélicoptère de guet aérien était plus efficace au large de la Somalie que plusieurs frégates ?

jeudi 3 mai 2012

Des Cougar HORIZON sur les frégates Horizon ?



© Inconnu. D’Orchidée à Horizon, quand l’ALAT voulait ses AWACS.
Il y a quelques semaines, à peine (le 4 avril 2012), les deux frégates de défense aérienne de la Flotte menaient un très intéressant exerice au large du Centre d'essais missiles de la Direction Générale de l'Armement sur l'île du Levant (Var). Il était question d'intercepter un missile supersonique rase mer lancé contre le groupe constitué des deux navires. Le PAAMS (Principal Anti-Air Missile System) a été utilisé dans sa pleine mesure car l'un des vaisseaux, le Chevalier Paul, utilisait les senseurs et les effecteurs (les Aster 30, donc) du Forbin pour mener sa mission à bien. C'est-à-dire qu'il y avait, manifestement, un seul central opérations qui commandait aux radars et aux armes des deux navires pour intercepter l'assaillant. Tout du moins, c'est ce que l'on peut comprendre en lisant le compte-rendu officiel. C'était même une première en Europe selon ce dernier.

mercredi 2 mai 2012

Aviso NG : et si les avisos A69 avaient été "modernisés" ?

© Inconnu.

 Si les navires sont la stricte représentation matérielle d'une pensée navale -et quelque soit le degré d'élaboration de celle-ci-, cela implique qu'ils représentent leur Etat. Le "prestige" représenté par ces coques de bois ou d'acier est lié à de très nombreux facteurs : le degré de sophistication de l'ingénierie nécessaire à leur construction, la qualité ou le nombre des armements embarqués, la taille du navire, la puissance effective que le navire de combat déplace, etc...