Les @mers du CESM


Les @mers du CESM - 19 avril 1944 :

Le cuirassé Richelieu participe au bombardement de Sabang, base japonaise en Indonésie. Le navire français, ayant rejoint l’Eastern Fleet commandée par l’amiral britannique Somerville, prendra part à trois autres opérations visant des bases navales ennemies. Après 52 mois passés en mer, le bâtiment rentre à Toulon le 1er octobre 1944. À nouveau déployé en Asie du Sud-Est l’année suivante, le bâtiment assistera à la capitulation du Japon dans la rade de Singapour le 23 septembre 1945.





14 octobre 2014

"Rebuilding the Royal navy - Warship design since 1945" de David K Brown & George Moore

http://camberpete.co.uk/general_naval_images_new/rebuilding_the_royal_navy.jpg
Quel fantastique (awesome) ouvrage que celui proposé par les éditions Seaforth Publishing. Publié initialement en 2003, il est réimprimé en 2012. Malheureusement, nos deux auteurs n'ont pas survécu à cet héritage qu'ils nous laissent.

 

David K. Brown a mené une carrière brillante comme architecte naval et a participé à bon nombre de programmes navals qui sont racontés dans cet ouvrage, depuis la fin de la seconde guerre mondial jusqu'à sa retraite en 1988.




George Moore est un passionné de construction navale. Il consacra une étude majeure à la construction navale durant le temps de guerre : "Bulding Victory".

 

Qu'est-ce donc que cette monographie qualifiée plus haut de fantastique ? Tout simplement le commentaire de la transformation de la Royal navy de la seconde guerre mondiale jusqu'au début des années 2000. Il s'agit bien d'évoquer la gestion de l'héritage de la seconde guerre mondiale, les plans d'après-guerre pour la transition vers le temps de paix et les ruptures technologiques (les U-boat à turbines Walter, les missiles guidés, la propulsion nucléaire, les avions à réaction, etc...) qui imposent des changements de paradigmes important.

 

C'est tout simplement l'histoire de l'évolution de la fleet de 1945 aux premières années du XXIe siècle sous l'angle des programmes navals, des premières esquisses aux diverses évolutions, construites ou non.

 

Tant qu'à parler de berceau de la Navy, évoquons donc ces trois cales sèches à Devonport qui ont été coiffées chacune d'une cathédrale pour faciliter les refontes des frégates.

 

Pour les habitués des billets de ce blog, et si jamais ils ont aimé tous les questionnements sur les frégates et croiseurs, alors ils aimeront observer les difficultés  des britanniques sur le sujet. Dans le chapitre consacré aux croiseurs, nous découvrons une Royal Navy qui doit gérer l'héritage de la seconde guerre mondiale, lancé ou non. Puis, abandonner les porte-canons pour aborder l'ère des missiles avec l'idée d'un croiseur à tout faire (cruiser/destroyer) qui n'est pas sans rappeler ce qui deviendra les frégates lance-engins en France.

 

Si je n'ai pas trouvé (ou manqué de trouver) l'idée d'un croiseur nucléaire à  l'instar de ce qui a été rapidement envisagé du temps de l'amiral Nomy, nous croisons tout de même une rapide étude sur une évolution de la frégate Type 43 avec deux réacteurs nucléaires (chapitre 5).

 

Le chapitre 8 consacré aux sous-marins nucléaires est lui (comme tous les autres) aussi très intéressant en ce sens qu'il révèle que Londres a un ou deux temps d'avance. Quand la France s'engluait sans trop réagir dans l'échec (bien instructif) du Q-244, l'Angleterre lançait grâce à une aide technique américaine le Dreadnought. Suivent assez rapidement la classe des SNA Valiant dont un exemplaire, le Conqueror, sera le premier a coulé un navire adverse : le croiseur argentin Belgrano lors de la guerre des Malouines (ou Falklands, puisqu'ils sont à l'honneur ce jour). Les classes de vaisseaux noirs nucléaires s'enchaînent. Si c'est le mauvais tuilage entre les classes Vanguard et Astute qui provoquera bien des déboires, le Fast Attack Submarine qui succédera à l'Astute, non pas pour remplacer mais compléter montre bien la résolution britannique à tenir son rang sur mer.

 

Les chapitres 1, 3 et 4 éclairent la difficulté pour la Royal Navy à gérer sa flotte de porte-avions entre l'héritage de la guerre, les difficultés budgétaires qui contrarient la préservation et la modernisation des unités existantes et la construction de nouvelles (concurrence entre modernisations et constructions neuves). C'est ainsi qu'après les abandons des positions East of Aden et East of Suez, Londres replie sa puissance aéronavale sur l'Atlantique Nord via la construction des Invincible (qui devaient être six, ce qui aurait changé bien des choses en 1982).

 

Relevons quelques petites choses pour finir. Nous croisons dans nos lectures un chasseur de mines sur la base d'un hydroglisseur (à l'instar de ceux qui ont été exploités commercialement dans l'English Channel) qui n'est pas sans rappeler le BAMO. Mais aussi nous apercevons l'esquisse d'un OPV à voiles ! La NATO frigate est elle aussi présente et déjà les origines du divorce entre franco-italien et anglais sur le programme Horizon apparaissent (bien que dans ce programme les Anglais voulaient des navires moins coûteux, le contraire de ce qui se produira ensuite). Et nos auteurs écrivent que l'Ocean peut recevoir des Sea Harrier mais ils peuvent voler avec une configuration légère. Il est dommage de ne pas lire pourquoi ce navire sera construit seul, alors qu'il aurait pu faire la transition avec les Invincible. En tous les cas, il est l'un des premiers programmes militaires à recourir aux technologies de la marine marchande (suivront bien des bateaux, dont les BPC).

 

C'est un très bel ouvrage mais aussi un très bel objet (rien que la couverture) qui montre une Royal Navy qui a navigué dans une riche seconde moitié du XXe siècle, entre constantes et modes. Ce serait si agréable de disposer de l'équivalent pour la Marine nationale.

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